lundi 6 août 2012

Les shiduhim et les princesses

Ah, les shiduhim. Quelle aventure !
Ils sont sensés nous conduire aux plus belles unions. Ils se heurtent pourtant à bon nombre de difficultés. Le yetser ara est alors montré du doigt, quand ce n’est pas le tikoun et le yaïn ara qui servent aussi de coupables idéals. Pour les moins mystiques, c’est le traditionnel « tu es trop difficile » qui scelle l’aveu de l’échec. Et pourtant, dans une société où le mariage occupe une place centrale, on est en droit de se pencher sur le modèle proposé. Car si le système de rencontres subit effectivement quelques ajouts, ceux-ci se limitent souvent à des changements d’ordre cosmétique. Sont-ils vraiment suffisants ?  
Voici donc un petit voyage dans le monde des shiduhim.

J’ai offert un cappuccino pour m’entendre dire que je suis trop gros.
J’ai offert une pizza pour m’entendre dire que je suis trop maigre.
J’ai offert un café pour m’entendre dire que je suis trop religieux.
J’ai offert un coca pour m’entendre dire que je ne suis pas assez religieux.
J’ai offert un jus d’orange pour m’entendre dire que je suis trop petit.
J’ai offert une salade pour m’entendre dire que je suis trop grand.
J’ai offert une limonade pour m’entendre dire que je suis trop intello.
J’ai offert un café crème pour m’entendre dire que je ne suis pas assez intello.
J’ai offert des sushis pour m’entendre dire que je n’étudiais pas assez.
J’ai offert  un thé pour m’entendre dire que j’étudiais trop.                   
J’ai offert (tu sais quoi cher lecteur? Je te laisse la place, écris ce que tu veux. T’inquiète pas, c’est moi qui paie).
J’ai offert                   
pour m’entendre dire que je suis trop sérieux.
J’ai offert                   
pour m’entendre dire que je ne suis pas assez sérieux.
J’ai offert                   
pour m’entendre dire que j’ai les cheveux trop courts.
J’ai offert                   
pour m’entendre dire que j’ai les cheveux trop longs.
J’ai offert                   
pour m’entendre dire que je m’habille trop en couleurs.
J’ai offert                   
pour m’entendre dire que je m’habille trop monotone.
J’ai offert                   
pour m’entendre dire que je ne suis pas beau.
J’ai offert                   
pour m’entendre dire que je suis trop beau (non, ça c’est pas vrai. J’ai rajouté pour me faire plaisir).
J’ai offert                   
pour m’entendre dire que je suis trop introverti.
J’ai offert                   
pour m’entendre dire que je suis trop extraverti.
J’ai offert                   
pour m’entendre dire que ma voiture, bof.
J’ai offert                    
pour m’entendre dire que mon travail prend trop de place.
J’ai offert                   
pour m’entendre dire que je ne suis pas assez investi dans mon travail.
J’ai offert                   
pour m’entendre dire que je suis trop vieux.
J’ai offert                   
pour m’entendre dire que je suis trop jeune.
J’ai offert                   
pour m’entendre dire que je ne suis pas assez…
J’ai offert                   
pour m’entendre dire que je suis trop…
J’ai offert                   
pour m’entendre dire que je n’ai pas de…
J’ai offert                   
pour m’entendre dire que j’ai trop de…
J’ai offert                   
pour m’entendre dire que ma famille…
J’ai offert                   
pour m’entendre dire que quand même…
J’ai offert                   
pour m’entendre dire qu’il n’y a pas vraiment de raison mais…

Finalement, il a bien fallu me rendre à l’évidence : j’étais un cas grave. Surtout que la délicatesse avec laquelle toutes ces choses m’ont été dites ne laissait aucune place à l’ambiguïté. Apparemment la tsniout, ça ne doit concerner que les habits. Suis-je vraiment le seul à m’être senti démoli de la sorte ?
A vrai dire, je ne sais pas qui a institué le système des shiduhim, mais il est clair qu’il n’y connaissait rien à la psychologie. Ou alors, peut-être bien qu’il détestait les Juifs, qui sait ?

Il est quand même intéressant de remarquer que lors de ces rencontres :

-environ 97% des filles m’ont laissé payer sans broncher.
-environ 3% ont fait le geste de participer. (Bravo mesdemoiselles)
-Seules 5% d’entre elles ont eu la présence d’esprit de dire merci.
Ce qui m’inspire le conseil suivant aux organisateurs de ces pratiques: s’ils souhaitent améliorer sensiblement le taux de réussite des shiduhim, il serait temps d’instituer que ce soit les filles qui payent.

Est-il bon de signaler que :

La première voulait savoir si j’avais une voiture, la marque et l’année.
La seconde voulait savoir si je gagnais plus de vingt milles shekels par mois.
La troisième m’a demandé si j’étais en location ou propriétaire de l’appartement que j’habitais.
La quatrième imposait comme condition qu’on l’amène chaque année à l’étranger.
La cinquième voulait arriver en hélicoptère à son mariage.
La sixième voulait habiter là et pas ailleurs.
La septième exigeait l’équivalent de son poids en bijoux, soit environ le stock de deux places Vendôme,
La suivante avait ses copines assises incognito à la table d’à coté.
La suivante est venue avec sa sœur.
La suivante est venue avec sa mère.
La suivante a envoyé son Rav à sa place (je vous assure, ça existe).

N’étant ni un adepte de la prostitution déguisée en mariage, ni une bête de foire qu’on exhibe à son clan, j’usais de pincettes pour m’extirper de ces situations délicates en tentant, autant que faire se peut, de ne pas blesser celles, et aussi celui, qui me faisaient face. (Pincette : objet fin et discret tombé en désuétude mais souvent sujet à contrefaçon, exhibée à outrance pour étaler sa bonté).

Il y a tout de même une qualité commune à ces personnes que je me dois de reconnaître: elles portaient toutes des vêtements hyper-tsniout. Je crois même avoir reconnu sur l’une d’elles la robe que portait Alice Sapritch dans « la Folie des Grandeurs ». Dans certains cas, on se demande si la burka ne serait pas plus seyante. Avec une ouverture 16/9 pour faire plus moderne.

Après donc quelques années (oui, j’ai une patience qui me porte parfois (souvent) préjudice), après donc quelques années disais-je, je décidais d’aller dans des endroits ou personne ne vous sépare pour vous dire ensuite qui rencontrer. Où personne ne contrôle la vie de l’autre, sans en avoir les capacités. Où les malheurs des uns ne font pas le bonheur des autres, des sauveurs improvisés pour résoudre des problèmes qu’ils ont eux-mêmes créés.

Dans des soirées festives donc, j’ai rencontré des filles, certes pas très couvertes, mais avec une vraie simha et qui ont trouvé chez moi quelques qualités. Soudain je n’étais plus un vilain petit canard. A croire que c’est dans les clubs et les cafés de Tel-Aviv qu’on apprend à juger lekaf zrout.
Quel bonheur de parler à une fille simplement ! Une qui n’est pas là en train de remplir son QCM pour (se) prouver scientifiquement que tu n’as la moyenne.  Ainsi, de fil en aiguille, j’ai fini par rencontrer une jolie poupée avec laquelle je passais quelques nuits délicieuses. Vivant j’étais ! Comme ça fait du bien de se sentir enfin Homme ! Et même si, après tant de castrations, il faut pour cela s’aider de cachets.

Bien que très différents, on apprenait à se connaître et à se respecter. Elle était attachée à sa liberté autant que j’étais attaché à mon Dieu. Ca faisait juste un peu désordre de faire le kidoush pendant qu’elle se cuisinait une escalope normande. Ce fut le shabbat sans voiture qui eut raison de notre duo amoureux. Toute la semaine à travailler sans pouvoir partir en tioul le samedi avec son chéri, ça ne pouvait pas durer. Et comme personne ne voulait lâcher, on a fini par se lâcher mutuellement.

Quelques temps après, je rencontrais une autre fille sympathique qui me permettait, elle aussi, d’exister en tant qu’homme. Mais très vite, là encore, la religion vint se dresser entre nous et mettre un terme à notre idylle. 

Je reprenais alors ma vie de solo, ne sachant comment me sortir du dilemme suivant : si avec une hilonite c’était difficile de construire sans devoir brader mes convictions, je me voyais mal jouer à nouveau le mendiant de l’amour, à faire le beau devant une personne qui veut tellement mon bonheur qu’elle me submerge de questions pernicieuses, tout ça parce qu’elle possède le sésame qui lui octroie ce pouvoir, à savoir le numéro de téléphone d’une fille bien et de bonne famille. Soit dit en passant, c’est aussi comme ça qu’on m’avait  décrit celles qui ne savent même pas dire merci.

(Vous savez quoi ? Je ne leur en veux même pas. On leur a tellement inculqué que parler à un garçon qu’on ne connaît pas c’est pas bien, malsain, vilain, péché, caca, vulgaire, sale, dangereux et honteux, que même lorsqu’on leur permet, elles sont tellement mal à l’aise qu’elles brident leur naturel. Et on peut alors oublier de dire merci quand on n’est plus soi.   

D’un autre côté, nul n’est obligé de se coltiner une personne qui a subi un tel lavage de cerveau qu’elle en a perdu toute réaction spontanée. Fin de la parenthèse.

Un jour donc que je rentrais chez moi, je croisais la philippine qui s’occupe de ma voisine, une vieille dame invalide dont les enfants sont très occupés. Je lui demandais où elle allait, elle me dit qu’elle avait deux heures de libre pour se promener. Je lui proposais de venir faire une ballade en voiture. Elle s’est assise à mes côtés. Elle ne m’a pas demandé si c’était un 4x4. Elle ne m’a même pas demandé la marque ni l’année. Elle était bien au delà de ça. 
Alors qu’on roulait, elle baissa la vitre et sortit la tête par la fenêtre. « Qu’est ce que tu fais ? », lui demandais-je. Elle se tourna vers moi et avec un grand sourire me dit « je respire l’air. C’est bon ».
On s’est promené dans un parc. On a vu les fleurs, écouté les oiseaux. Le temps est passé très vite. On consacra les dernières minutes qui restaient pour aller manger un fallafel. Elle riait. Elle paraissait heureuse. Je la ramenais chez ma voisine. Elle me fit une bise et rentra vite s’occuper de la veille femme, lui préparer à manger, la nourrir, la porter, la torcher, la laver, l’habiller, la coucher, lui allumer la télé, lui éteindre la télé, lui faire le ménage, la lessive, le repassage, les courses. Ces filles-là font un avodat kodesh.

Sans l’avoir étudié avec un grand kabbaliste à la mode, elles ont depuis longtemps intégré ce qu’est le bitoul.

Car on aura beau suivre tous les cours de torah du monde, faire tous les « nishma » avec les meilleurs rabbanim et rabbaniot du monde, on n’atteindra jamais le niveau spirituel que procure le « naassé ». A quoi bon apprendre à être quelqu’un de bien, si quand on doit passer à l’acte, on laisse faire les autres ?


Les premières, enfermées dans leur tsniout d'ivoire, priant Dieu pour qu'Il se bouge à leur place, seraient capables de croiser leur Cohen Gadol sans le voir, et refuser de lui ouvrir leur kodesh akodashim.

Quant aux secondes, ballottées au gré des vents, elles n’ont pas le loisir de tergiverser sur le bien-fondé de donner ou non à boire à l’étranger Eliezer. Elles donnent, et elles vont naturellement abreuver ses chameaux. 

C'est toute la différence entre l'intention et l'action, entre celles qui veulent être des princesses et celles qui le sont.

Il n’y a rien de révolutionnaire dans ce que je raconte là. Déjà Shimon atsadik, dans le Pirke Avot, disait (chap 1, mishna 17) : «  J’ai passé toute ma vie au milieu des sages, et je n’ai rien trouvé de plus salutaire que le silence ; Ce n’est pas l’étude qui est essentiel mais la pratique ; et celui qui parle trop occasionne les péchés.»

Mais voilà. Si on agissait plus, on aurait moins de temps pour étudier. Que deviendraient alors nos prêcheurs ?

Et si nos filles pouvaient côtoyer librement l’inconnu Eliezer, que deviendraient nos chadhanim ?

Alors on ne change rien. On poursuit le statu quo. On érige des barrières autour du troupeau pour rester le berger. Dieu a donné le libre-arbitre à l’homme et le berger lui a ôté.

Et pourtant, faire passer le nishma avant le naassé, c’est mettre la torah à l’envers. Et le monde aussi.

Le CLI
© Le CLI pour http://lecli.blogspot.com/  Ne pas reproduire sans autorisation 

jeudi 5 juillet 2012

Le Rav People


Lorsque j’étais enfant, on m’a transmis l’enseignement suivant : "Quand on ne comprend pas une chose, il vaut mieux demander qu’on nous l’explique quitte à paraître bête cinq minutes, plutôt que de ne pas oser demander et rester bête toute sa vie".

Il y a quelque temps, je lisais un commentaire sur la parasha Chemot qui m’a quelque peu surpris. Appliquant le fameux conseil reçu dans ma jeunesse, j’écrivis au Rav pour lui demander qu’il m’explique. Sauf que le Rav en question ne m’a pas répondu. Je lui ai renvoyé mon message une seconde fois, j’ai su qu’il en a pris connaissance, et qu’il a donc choisi de ne pas me répondre. J’estime qu’il aurait quand même pu m’écrire deux mots, juste pour me dire qu’il n’a pas le temps, qu’il n’aime pas ma question, qu’il ne sait pas y répondre, enfin, quelque chose, quoi ! Rien. Je n’ai absolument rien reçu.

Certes, peut être n’a-t-il pas apprécié le ton quelque peu percutant de mon courrier. Pourtant, il contenait une véritable question à laquelle je n’ai toujours pas de réponse.

Sans plus attendre, voici donc le message que je lui ai adressé :

Chalom Rav XXXXXX

Je vous écris aujourd’hui car j’ai besoin de votre aide pour que vous puissiez me dire qui je suis et savoir quel doit être le chemin que doit suivre le juif qui veut à son tour être juste et sain(t).

En effet, je dois vous confier que j’ai l’habitude de fréquenter les prostituées, j’ai d’autre part couché avec ma belle-mère (la compagne de mon père), et j’ai fait affaire avec un proxénète pour qu’il prenne ma sœur, moyennant finance, dans son « écurie ».

Je ne sais pas ce que vous pensez de moi et ce que vous avez ressenti en lisant les lignes ci-dessus, mais puisque je vous sais honnête, je ne crois pas que vous avez eu envie à priori de me laisser seul avec votre femme, ou de me recommander auprès de votre sœur pour un shidouh. Me trompe-je ?

Et pourtant, dans XXXXXXXXX  paracha Chemot du 13 janvier 2012, vous écrivez: "Yaacov et ses enfants qui étaient tous des justes………car leur sainteté exceptionnelle leur permettait de dévoiler la présence divine.... Le secours viendra précisément des justes authentiques, comme Yaacov et sa famille...."

Sans avoir la prétention de me comparer à Yehouda, Réuven et à leurs frères qui ont trouvé grâce à vos yeux, je me demande à vous lire si je ne suis pas aussi un juste authentique dont la sainteté exceptionnelle permet de dévoiler la présence divine.

En effet, en vous avouant publiquement mon penchant pour les prostituées, ne suis-je pas aussi digne que Yehouda ?
D’avoir connu ma belle-mère, ne me rend pas aussi juste que Réuven ?
D’avoir vendu ma sœur Josepha, chose que malgré tout je regrette aujourd’hui, ne me rend pas au moins aussi saint que l’ensemble des frères?

En d’autres termes, recommandez-vous vivement aux enfants d’Israël d’accomplir ces trois actes car à vous lire, ils font partie d’un processus qui amène l’homme à acquérir « la sainteté exceptionnelle qui permet de dévoiler la présence divine » ?

Voilà. Après donc ces propos très troublants que vous avez tenus dans XXXXXXXXX de la semaine dernière, j’attends votre réponse avec beaucoup d’impatience.
Pour comprendre. Et partager.


Le CLI

PS : Pour acquérir la sainteté exceptionnelle, je recommande Svletana de la tahana merkazit de Tel-Aviv qui, contre un chevreau, sait se montrer très avenante.


Voilà donc le texte dont je me suis rendu coupable, et qui m’a fait mériter son mépris. Vous imaginez alors si comme Réuven, j’avais « connu » la femme du gadol ador ? Et si, de surcroît, ce gadol ador était mon père ?

Et pourtant, le Rav en question considère Réuven comme un juste authentique alors qu’il ignore totalement le juif que je suis, qui a pris le temps de le lire, de lui écrire, et même de le relancer.

Peut-être considère-t-il la Torah comme la presse people. Si tu es dedans, c’est trop la classe ! Tu peux alors te permettre tous les écarts du monde, tu restes à ses yeux un juste authentique une star, une vedette ! Regardez, il est dans le journal !! Mais si tu ne figures pas dans son magazine préféré, si tu l’interpelles avec des mots qui ne sont pas les siens, tu ne récoltes que son mépris. Des mots qui, soit dit en passant, ne diffèrent en rien de ceux employés dans le Tanah, « Tahana mercazit de Tel-Aviv » mise à part, et pour cause.

Peut-être n’a-t-il pas compris que si j’ai usé d’un langage un zeste provocateur, c’est justement pour mieux faire ressortir le paradoxe contenu dans ses propres propos. 

Car quand on choisit d’appeler « juste authentique » quelqu’un qui a vendu son frère, qui a « connu » la compagne de son père, ou fréquenté des prostituées, on sème le trouble chez les lecteurs attentifs qui sont en quête de vérité. Et la moindre des choses est d’apporter les précisions nécessaires quand elles nous le sont demandées. Combien d’autres lecteurs \trices ont pu rester dubitatifs en lisant son texte sans pour autant avoir pris le temps de lui écrire ?

Peut être aussi que les lecteurs avertis se font rares, puisqu’à force d’entendre une Torah distillée au parfum d’opium, beaucoup ont fui pour lui préférer l’ivresse des discothèques du vendredi soir.

Je reconnais tout de même que ce genre de prose peut parfaitement convenir aux béni-oui-oui, à ceux qui acquiescent à tout soit par hypocrisie, soit parce qu’ils font partie de ceux-qui–ne-savent-pas-questionner. Serait-ce là le seul public qu’on réserverait à la Torah ?

Le CLI
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jeudi 16 février 2012

Privé d'école pour une coupe de cheveux?

Levchalem nous a adressé le message suivant que nous relayons, en espérant que tout rentrera dans l'ordre rapidement.

Peut-on priver un enfant d'école pendant une semaine parce que sa coupe de cheveux ne correspond pas à l'état d'esprit de la seule école du Gush Etzion qui a décidé depuis sa nouvelle direction d'imposer une conduite haredi alors que la majorité des élèves ne correspondent pas à cet état d'esprit!?

 Il serait temps que les olims de France sachent quels sont leurs droits face à de telles situations! Sachant que cette école est une école d'état et non une école privée! J'aimerai savoir s’il existe un site pour les francophones ou même un groupe sur FB où les problèmes de société en Israël sont débattus et où on puisse enfin connaître nos droits!

 Mon fils est sans école depuis 1 semaine parce que la direction ne veut pas accepter un enfant ayant une coupe de cheveux branchée! Comprenez légèrement rasée sur les tempes...ce n'est pas catastrophique!

Avant, la nouvelle direction cette école était massorti daty et mixte! Mon grand y allait habillé et coiffé comme il le voulait ! Qu'une école renvoie un élève à cause d'une mauvaise attitude je comprends mais qu'une école n'accepte pas un élève à cause de sa coupe de cheveux, là !!!!

 Merci de me donner des conseils et les marches à suivre car je n'ai pas l'intention de me laisser faire.

Levchalem


lundi 10 octobre 2011

« La Téchouva est très loin des définitions réductrices qu'on lui donne »

Interview du Rav Neugershel par Laly Derai
parue dans Hamodia N° 188 du 05 octobre 2011

- Hamodia : Rav Neugershel, nous approchons de Yom Kippour et la Téchouva est sur toutes les bouches. Pourtant, on a l'impression que lorsqu'on parle de « Hazara Bitéchouva ou de Baal Téchouva, on parle généralement de quelqu'un de non religieux qui renoue avec la pratique des mitsvot. Qu'en est-il vraiment ?

- Rav Neugershel : En premier lieu, je crois qu'il y a un réel besoin de rectifier et de redéfinir certains concepts qui, dans notre monde médiatisé et simpliste, sont mal compris et mal interprétés. De nos jours, les Baalé Téchouva sont devenus un mouvement et la Téchouva a pris une connotation politique. Or, la Téchouva se situe très loin de ces définitions réductrices. La Guémara nous enseigne que rabbi Elazar, fils de Rabbi Shimon Bar Yo’haï, revenu d'En-Haut, a raconté qu'il avait vu « un monde à l'envers », dans lequel ceux qui étaient considérés dans notre monde comme des grands étaient en bas et ceux qui étaient en haut étaient justement ceux qui n'étaient pas forcément les personnes les plus respectées. Nous ne savons pas la faute de qui est la plus grave : celle du ba'hour yéchiva qui ne respecte pas son épouse ou celle du jeune homme issu d'une famille pauvre qui commet un hold-up. La Téchouva n'est sûrement pas l'apanage d'une seule partie de la population. Nous vivons dans un monde qui a décidé que celui qui commet tel ou tel péché sera appelé « non-religieux » tandis que celui qui en commet d'autres, mais a, disons, la kippa sur la tête est « religieux ». Le fait que certaines fautes soient devenues « légitimes » est un constat de faiblesse.

- Hamodia : On parle souvent de Téchouva par amour face à la Téchouva par la crainte. Où vous situez-vous dans votre discours ?

- Rav Neugershel : Tout d'abord, je ne me considère pas comme un ''Ma'hzir Bitéchouva « , quelqu'un qui fait revenir les Juifs non pratiquants à la Torah. Lorsque quelqu'un fait Téchouva, il ne prie pas le conférencier ou le rav qui l'a mené dans cette vois. Il prie D.ieu ! Les rabbanim sont là pour aider, pour éveiller les consciences, pour guider, mais c'est Hachem qui, seul, est Ma'hzir Bitéchouva, comme nous prions chaque jour dans la Amida.
En ce qui concerne votre question, je ne sais pas vraiment si je me place dans ce schéma. Ce que je sais, c'est qu'il existe une Téchouva du cœur et une Téchouva de l'intellect. Les Sages posent une question : pourquoi fêtons-nous Roch Hachana avant Yom Kippour ? N'eût-il pas mieux valu que nous nous purifiions et nous nettoyions de nos fautes (ce que nous faisons à Kippour) avant d'être jugés à Roch Hachana ? Ils répondent que Roch Hachana est le jour du Daat, de la Téchouva par l'intellect, tandis que Yom Kippour est celui de la Téchouva par le cœur. Le processus part du cerveau pour se diriger vers le cœur.

Certains font le voyage inverse, commencent par la Téchouva du cœur avant de se lancer dans le chemin de la Téchouva par l'intellect. Ces deux méthodes sont justes tant que la personne ne se confine pas à une Torah totalement intellectuelle - sèche et distante - ou a contrario à une Torah qui ne serait basée que sur les sentiments et le ressenti, car pour que le Juif s'imprègne de la Torah, il doit forcément lui donner une assise dans son intellect.

D.ieu a placé le cerveau au-dessus du cœur, car c'est le cerveau qui '' tient le volant. "Il faut se garder de laisser le cœur prendre le volant et mener l'intellect "

- Hamodia : Au cours du mois d’Eloul, on a vu des centaines de Juifs qui ne fréquentent pas forcément la synagogue avec assiduité ou qui ne portent pas la kippa 24h/24 réciter les Seli’hot avec ferveur. Ces Juifs sont majoritairement issus du monde séfarade. Comment expliquez-vous que le judaïsme séfarade soit parvenu à sauvegarder une Emouna intacte, sans rapport avec le degré de pratique des mitsvot tandis qu'au sein du judaïsme ashkénaze, il faut forcément ' choisir son camp ' ?

- Rav Neugershel : Je crois qu'on cause un grand tort aux Juifs séfarades qui aiment la Torah à un point qu'on peut à peine imaginer. Ils aiment tellement la Torah qu'ils sont prêts à entendre tout ce qui possède un parfum de Torah. Chaque année, à Roch Hachana, je me rends dans une synagogue séfarade du quartier de Moussayof à Jérusalem. Durant toute la fête, on peut y voir des centaines de fidèles assister à des cours de Torah quasiment sans interruption. Je suis le seul Ashkénaze...

Mais il nous est interdit de profiter de cet amour pour leur transmettre des cours simplistes et ' au ras des pâquerettes '. Au contraire ! Ils méritent une Torah élevée, grande, pertinente.

Cet amour pour la Torah et les Sages est le fruit d'une éducation transmise de génération en génération depuis des siècles. Le rabbi de Brisk avait d'ailleurs affirmé que les Séfarades avaient été préservés des horreurs qui se sont déroulées au siècle dernier en Europe parce qu'ils respectaient la Torah et les Ha'hamim. 

mardi 13 septembre 2011

La visite impromptue


L’autre jour, armé de bonnes intentions, je me suis rendu dans une des maisons de retraite de la région.

J’ai demandé au personnel s’il y avait là une personne âgée, seule, francophone de préférence, qui ne recevait pas souvent de visite. Ben oui quoi, c’est pas parce que vous me voyez toujours dire du mal que je ne fais jamais de choses bien.

L’infirmière m’indiqua donc un vieux monsieur portant kippa, assis dans un fauteuil, les yeux perdus dans ses pensées. Je me suis dirigé vers lui. J’ai pris une chaise et je me suis assis à ses côtés.
On a commencé à bavarder. Il a été surpris d’entendre que je parlais français. Et il a commencé à me raconter. Et il parlait, parlait. Ca se voyait que ça ne lui arrivait pas souvent.
Je lui donnais le change, et ça le relançait de plus belle.
Il me confia alors que ça lui faisait plaisir de parler car personne ne venait jamais le voir.
Je lui demandais s’il connaissait du monde en Israël.
« Bien sur » me répondit-il « J’ai beaucoup de famille dans tout le pays. Des cousins, des neveux et des nièces. Des gens très bien. Mais ils ont leur vie. Ils sont très occupés », me confia-t-il.
Quand il me dit son nom, je me rendis compte que je connaissais effectivement cette famille. Des gens très bien en effet. Des actifs, des respectables, des qui étudient, des qui prient, des qui souillent roche, et mêmes des qui enseignent la torah.
Par le plus grand des hasards, il se trouve que je venais de tous les rencontrer à une azkara qu’ils avaient organisé quelques jours auparavant, en souvenir d’un de leurs disparus.

Après une heure passée avec ce monsieur, je prenais congé de lui, lui serrant sa main entre les miennes. Ca n’a l’air de rien, mais je vous assure qu’il y a des petits gestes comme ça qui peuvent guérir les plus grandes blessures. Je lui disais au revoir en lui promettant qu’au hasard de mes visites, je repasserais le voir. « Promis, promis », lui dis-je, pour que cela devienne un engagement pour moi.

Avant de partir, je demandais à l'infirmière qui me confirma que personne ne venait jamais le voir.

Bien que la visite se soit bien passée, je quittais la maison de retraite avec le coeur lourd.

Parce que je repensais d’un côté à toute cette famille exemplaire que j’avais vu réunie à la azkara, et de l’autre côté, à ce petit vieux jeté dans son coin.
Et je me demande comment se fait-il qu’on arrive à trouver le temps de se réunir un jour précis à une heure précise, et qu'on ne trouve pas un moment, juste une heure à notre convenance, n’importe quand dans l’année pour venir rendre visite à un parent isolé.

Comment se fait-il qu’on ne manque pas de faire honneurs aux disparus mais qu'on oublie si souvent les vivants ?
Qu’est-ce qu’on attend ? Qu’ils soient morts pour se réunir et manger des cacahuètes ?

Quelquefois comme ça, j'ai l'impression que la torah est mal faite. Ou alors, c'est que nous devons l’appliquer mal.

le CLI

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Le CLI pour http://lecli.blogspot.com/

mercredi 17 août 2011

Mariage séparé : pour qui ? Pourquoi ?


J’étais dernièrement à un mariage.
Le marié était superbe, et la mariée merveilleuse.
Ils sont arrivés radieux sous la houpa.
La cérémonie était très émouvante.
Après le traditionnel « mazal tov », quelques danses et embrassades, chacun était invité à rejoindre sa place dans la salle : Les hommes d’un côté et les femmes de l’autre.

Ce n’était pas la première fête avec séparation à laquelle je me rendais, mais cette fois je choisissais de ne plus cautionner. Je profitais de mes voeux à la famille et aux mariés pour invoquer une excuse non conflictuelle et prendre discrètement congé de mes hôtes, tout à fait charmants au demeurant. Je n’aurai même pas connu mes compagnons de table, puisque de compagnonnes, fallait pas y compter.

Il y a quelques jours, c’était l’anniversaire de mariage de mes parents.
Mon père et ma mère se sont rencontrés à la noce de mon oncle et de ma tante.
Ils se sont vus, se sont plus, ils se sont aimés (je suppose, dès fois j’ai des doutes), et dans la foulée, je suis né. Et combien d’autres comme moi ?

Souvenez-vous. On a tous dans nos familles des couples qui se sont formés lors d’une de ces fêtes, mariage, bar mitsva, ou autre.
Regardez autour de vous, et comptez combien de gens ne seraient pas vivants aujourd’hui si on avait séparé les hommes des femmes là ou justement Dieu avait prévu que leurs parents se rencontrent.

Pourquoi alors séparer ?

Le monde fut créé en six jours. Chaque jour de la création, Dieu considéra que c’était bien (וירא ה' כי טוב) sauf au second jour. Car ce jour là, nous explique le midrash, il y eut séparation.

J’ai demandé plusieurs fois pourquoi donc imposer une séparation aux mariages. L’explication reçue est invariablement la même : la mise en présence d’hommes et de femmes peut créer des tentations. Quand je rappelle que les tentations sont partout dans la vie, j’entends souvent dire qu’étant assis à la même table, la promiscuité et l’alcool peuvent faire naître des idées peu…raisonnables.

Peut-être parlent-ils de la promise cuitée, dans ce cas je comprendrais que ça puisse faire désordre à un mariage. Et pourtant, si le mal provenait de l’alcool, ne serait-il pas plus simple de le supprimer des festivités plutôt que d’imposer une division des participants ?

Les rabbanim nous enseignent qu’on doit juger son prochain avec un à priori positif (lékaf srout). Pourquoi soudain lors d’un mariage, les invités sont considérés comme des obsédés sexuels potentiels ?

Dieu promit à Avraham de ne pas détruire Sodome et Gomorrhe, si elles renfermaient dix justes. Et à Sodome et Gomorrhe, les habitants étaient loin d’être des saints !

Est-ce que dans les mariages d’aujourd’hui, il n’y aurait même pas dix hommes qui seraient capables de ne pas se jeter sur leurs voisines comme de vulgaires dépravés ? Ou alors, devient-on plus exigeant que Dieu, punissant collectivement par anticipation toute l’assemblée, séparant les familles et les couples, empêchant à de nouveaux couples de se former et à des bébés de naître?

Et je ne parle même pas des quantités de zéra lébatala comme conséquence de ces non-rencontres. Mais voilà. Le zéra lébatala ne se voit pas, il se déverse généralement en cachette. Par contre, la séparation hommes-femmes est publique, elle se fait aux yeux de tous. Et c’est là toute son importance. Aujourd’hui, il semblerait que paraître soit préférable à être. La torah de l’intériorité c’est fini, vive la torah spectacle ! Ajoutons et montrons ! Les signes extérieurs de religiosité rendent les gens tellement plus respectables.

Quand Pharaon exigea de tuer tout nouveau-né mâle hébreu, Amram, futur père de Moshé, demanda alors au peuple de ne plus procréer, pour ne pas avoir à sacrifier les garçons.
Quand sa fille Myriam lui fit remarquer que sa décision était pire que celle de Pharaon car, de fait, il sacrifiait aussi les filles, Amram reconnut le bien-fondé de la remarque et il  revint sur sa recommandation.
Les Hébreux recommencèrent à procréer, et c’est ainsi que put naître Moshé.

Est-ce à notre tour d’empêcher à des enfants de naître par crainte que des convives aient de mauvaises pensées ? Au fond, est-ce vraiment les convives qui ont de mauvaises pensées ?

Combien de temps allons-nous continuer à reproduire la faute de Nadav et Avihou, à offrir à Dieu des sacrifices qu’Il n’a pas demandé ?

Peut être devrions-nous éviter de voir le mal là où il n’est pas, sinon, c’est nous qui le créons. Et s’il pointe tout de même le bout de son nez, pourquoi céder spontanément à la tentation de lutter contre ce mal par un autre mal encore plus grand ?

Et si nous faisions simplement notre travail sans vouloir empiéter sur celui de Dieu ? Il sait certainement ce qu’Il fait et ce qu’Il nous demande. « N’ajoutez rien…et ne retranchez rien » (Dévarim 4,2)
C’est l’enseignement de la torah, à appliquer quand on a la émouna.

Quand je pense que si le mariage où mes parents se sont rencontrés avait été séparé, je ne serais pas là pour vous embêter. C’eût été dommage, non ?

Que la clairvoyance de Myriam et l’humilité d’Amram éclairent encore notre peuple :
Ils ont permis à Moshé de venir pour nous sauver de l’esclavage.
A nous de permettre au mashiah de venir pour nous guider vers la guéoula.

le CLI

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